"Une culture d'amélioration continue chez Insertech", article dans le journal les Affaires - CEIQ

“Une culture d’amélioration continue chez Insertech”, article dans le journal les Affaires

“Une culture d’amélioration continue chez Insertech”, article paru dans le journal les Affaires

Par Marie Lyan

Avec 23 salariés permanents, Insertech est une entreprise d’insertion et d’économie sociale qui propose des services de réparation informatique. Bien que l’aspect social fasse partie de sa mission, elle a souhaité évaluer également son impact environnemental à partir de 2008.

«Nous avons pris en compte toutes les activités, et nous nous sommes demandé comment réduire l’impact environnemental et augmenter l’impact social positif», explique Agnès Beaulieu, directrice générale d’Insertech. La PME s’est dotée d’un comité environnemental et a commencé par s’appuyer sur la norme Ici on recycle, mise en place par Recyc-Québec.

«On parlait d’heures de travail et de repos, de diminuer les produits jetables… Chaque employé a participé, et on a cherché à évaluer les impacts», dit Mme Beaulieu. Insertech a ensuite cherché à se conformer à la norme ISO 14001, dont elle a obtenu la certification en 2011.

«Pour obtenir cette norme, qui était plus stricte, il a fallu tout mesurer et évaluer. Nous sommes allés chercher la Norme pour le réemploi et la remise en état des produits électroniques du Bureau de la qualification des recycleurs, qui examinait à la fois l’aspect environnemental et la qualité de nos opérations, comme l’effacement sécurisé des disques durs.»

Des nouvelles occasions

C’est en participant à une analyse du cycle de vie de ses produits avec le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits (CIRAIG) qu’Insertech a constaté que la phase de fabrication des ordinateurs avait le plus d’incidence. «Nous avons donc décidé de nous concentrer sur le réemploi et la réparation, en développant un atelier de services de réparation destiné au public pour des produits comme les écrans à cristaux liquides», dit la directrice générale. Une occasion qui lui ouvre en même temps de nouveaux débouchés, puisque ce service compte 4 000 clients par année !

En parallèle, la PME a choisi de proposer un service de récupération écologique auprès des grandes entreprises qui souhaitaient se débarrasser de leur matériel de haute technologie, couplé à des actions de sensibilisation auprès de différents publics (entreprises, lieux publics, écoles, HLM) en vue de maximiser le réemploi.

Cette politique a nécessité l’embauche d’un spécialiste environnemental, afin notamment de mettre sur pied le système de gestion. «Nous avons aussi misé sur les réseaux environnementaux. Il ne faut pas avoir peur d’échanger sur les résultats, de participer à des discussions avec d’autres entreprises : c’est souvent là que naissent les idées !»

S’améliorer continuellement

Grâce à cette démarche, l’entreprise produit un rapport annuel dans lequel elle passe au crible toutes ses fonctions : «Nous regardons les impacts social et environnemental de nos activités, ce qu’elles ont permis… Cela va du nombre de jeunes en emploi au nombre de personnes sensibilisées par nos activités, en passant par le nombre de projets soutenus dans la communauté», dit Mme Beaulieu. Insertech travaille à affiner le mode de calcul de certains indicateurs, comme l’impact carbone de la PME à partir du nombre d’appareils informatiques récupérés au sein des entreprises.

«On peut penser qu’une telle reddition de comptes est laborieuse, mais finalement, le défi est plutôt de prendre l’habitude d’intégrer chaque petite action au sein de la stratégie de RSE», soutient Mme Beaulieu. C’est d’ailleurs pour cette approche intégrée qu’Insertech a reçu en 2014 le prix de l’entreprise citoyenne décerné par Novae. «La RSE nous a permis de développer une culture d’amélioration continue et nous donne plus de flexibilité et de capacité à nous ajuster», estime la directrice générale.

Deux nouveaux objectifs

1 Les prochaines étapes pour Insertech ? Structurer le dialogue avec les parties prenantes. «Que ce soit par rapport aux jeunes qui participent à notre programme d’insertion, à nos fournisseurs, aux communautés environnantes, aux entreprises qui nous envoient du matériel informatique, il s’agit de savoir quels services ils souhaiteraient, comment ils perçoivent les impacts qu’on pourrait avoir, ce qu’on peut améliorer, ou comment on peut les aider auprès de leurs communautés», avance Agnès Beaulieu.

2 Insertech veut aussi systématiser les bonnes pratiques en matière d’approvisionnement responsable. «Cela implique de cibler les bons fournisseurs, de comprendre qui offre le meilleur choix, de mettre en avant nos priorités.»


Source : le journal les Affaires, rubrique stratégie : http://www.lesaffaires.com/strategie-d-entreprise/entreprendre/une-culture-d-amelioration-continue-chez-insertech/589152