Lettre ouverte
Les entreprises d’insertion :
un investissement payant pour l’économie du Québec
En cette campagne électorale, les Québécois et Québécoises veulent entendre parler de
solutions concrètes pour lutter contre la pauvreté qui peut mener jusqu’à l’itinérance. Les
entreprises d’insertion font partie de ces solutions en plus de créer de la richesse dans
toutes les régions de la province. Les 41 membres du Collectif des entreprises d’insertion
du Québec génèrent plus de 187 millions $ en valeur ajoutée pour l’économie
québécoise chaque année, selon une nouvelle étude.
Chaque dollar de subvention génère 3 $ de retombées
Chaque dollar investi en subvention dans une entreprise d’insertion génère 3 $ en
retombées économiques. En plus de soutenir 3 500 emplois à travers la province, les 41
entreprises membres du Collectif versent plus de 37 millions de dollars en recettes
fiscales chaque année pour Québec et Ottawa. C’est ce qui ressort d’une analyse
rigoureuse menée par Delorme Lajoie Consultation.
Une friperie comme Renaissance, un restaurant communautaire comme Chic Resto Pop,
un atelier de recyclage comme celui du Groupe Coderr, ce ne sont pas que des plateaux
d’insertion en emploi. Ce sont de véritables moteurs économiques locaux, ancrés dans
leurs communautés, qui créent de la richesse tout en changeant des vies.
Des résultats humains qui parlent d’eux-mêmes
Derrière tous ces chiffres, il y a des gens. Des personnes en situation de pauvreté,
d’itinérance, de dépendance, avec un parcours judiciaire, ou nouveaux arrivants qui
cherchaient leur place avant qu’une entreprise d’insertion leur donne une chance avec un
vrai emploi et un accompagnement adapté à leurs besoins. Et ça fonctionne : 8
participants sur 10 complètent leur parcours d’insertion, et 2 sur 3 sont toujours des
travailleurs actifs un an plus tard.
Chaque participant qui intègre durablement le marché du travail représente une
économie de 15 500 $ par année en coûts sociaux évités pour l’État. Ça représente de
l’aide sociale non versée, des soins de santé non utilisés ou des services sociaux qui ne
sont plus nécessaires. Au total, c’est une économie annuelle estimée à 15 millions de
dollars pour les finances publiques québécoises.
L’étude documente également ce que les chiffres ne peuvent pas saisir : l’amélioration de
la santé physique et mentale des participants et des impacts qui se répercutent d’une
génération à l’autre. Quand un parent sort de la pauvreté, ses enfants ont de meilleures
chances de ne jamais y entrer.
Le coût de l’inaction
Malgré ces bons résultats, le réseau des entreprises d’insertion est sous-financé et peine à
répondre à une demande grandissante. Cinq entreprises d’insertion ont même dû fermer
leurs portes, entraînant la perte de 252 emplois et de 13 millions $ en valeur ajoutée pour
le Québec. Et si rien n’est fait pour bonifier le financement du modèle, d’autres
pourraient suivre.
Le prochain gouvernement aura le choix. Continuer à gérer la pauvreté ou décider
d’investir dans des solutions qui ont fait leurs preuves pour la réduire durablement. Nos
41 entreprises membres sont prêtes à en faire davantage. Il ne leur manque que des
moyens financiers stables et adaptés à leur réalité.
Soutenir les entreprises d’insertion, ce n’est pas une dépense. C’est le meilleur
investissement que le Québec puisse faire pour ses finances publiques, pour ses régions,
et pour les personnes qui méritent une deuxième chance.
Notre lettre ouverte publiée dans La Presse
La lettre ouverte de notre directeur général, Dominique Bonetto, « L’insertion en emploi n’est pas une dépense, mais un investissement payant », est également à lire dans La Presse.
Les entreprises d’insertion se font entendre à Radio-Canada
Notre directeur général, Dominique Bonetto, s’est également entretenu avec Radio-Canada afin de revenir sur les enjeux auxquels font face les entreprises d’insertion et sur leur contribution à l’économie québécoise.